Changeons notre vision de l’énergie avec la méthanisation

Le 2 juin, les élus du territoire du Grand Nancy ont visité le chantier de la future unité de méthanisation sur le secteur du Dynapôle. Portée par l’entreprise CVE, cette solution de valorisation des déchets organiques du bassin de vie entrera en service à l’automne.

Initié il y a cinq ans, le projet de méthanisation porté par l’entreprise CVE arrive aujourd’hui dans sa phase finale. Installée sur une parcelle du groupe Veolia, partenaire du projet, l’unité sera progressivement mise en service à partir de septembre prochain. Une première production de gaz, destinée à être injectée dans le réseau de distribution, est prévue dès le mois de novembre.

Transformer les biodéchets…
La méthanisation est un phénomène naturel que l’on retrouve notamment dans les marais, les rizières ou les lacs. À Ludres, ce procédé développé à l’échelle industrielle transformera les déchets organiques du territoire en énergie verte et en ressource agricole. Chaque année, l’unité valorisera environ 33 000 tonnes de matières organiques. « 58 % des biodéchets proviennent des habitants de la Métropole, collectés dans les points d’apport volontaires, mais aussi des collectivités et des grandes surfaces. Le reste vient de l’industrie agro-alimentaire », explique Jérôme Fabiani, responsable territorial développement des projets biogaz chez CVE. Dans le cadre du partenariat qui lie CVE à Veolia, cette dernière assurera la collecte de près de 50 % des intrants. Concrètement, les déchets seront d’abord acheminés sur le site puis triés afin d’éliminer les emballages en plastique et en carton. Les biodéchets seront ensuite placés dans un digesteur, où ils se décomposeront naturellement.

… en ressources
Au terme du processus, deux ressources seront produites : du biométhane, injecté dans le réseau de distribution, ainsi qu’un digestat destiné à l’agriculture. L’énergie produite alimentera l’équivalent de 2 750 foyers. « Les habitants de la Métropole deviennent les acteurs de cette énergie verte, puisqu’ils participent, avec leurs déchets organiques, à leur propre production d’énergie », ajoute le responsable. Le digestat, quant à lui, sera utilisé par les agriculteurs du territoire. Moins coûteux d’environ 20 % par rapport aux engrais classiques, il se présentera sous forme liquide et solide. Chaque année, ce fertilisant naturel permettra d’enrichir environ 2 600 hectares de terres agricoles réparties sur 39 communes, dans un rayon de 20 km. Ce procédé s’inscrit ainsi dans un modèle local et plus durable en valorisant exclusivement les déchets organiques.

Un projet local et structurant
La mise en service de cette unité de méthanisation marque une évolution notable dans la valorisation des biodéchets, jusque-là transportés en dehors du département. Implantée sur le Dynapôle, l’unité bénéficie d’un environnement adapté ainsi que d’un accès direct au réseau de gaz. Représentant un investissement de 21,7 M d’€, le projet a nécessité plusieurs phases d’études avant sa concrétisation. En rapprochant déchets, énergie et agriculture, il contribue ainsi à la souveraineté énergétique tout en étant porteur de retombées économiques pour le territoire.