Au cœur de Ludres, la ferme dite « Choné » et ses fortifications rappellent une histoire méconnue : celle d’un château médiéval aujourd’hui disparu. Symbole de puissance, refuge pour les habitants et témoin des grandes heures de l’histoire locale, le château de Ludres a longtemps été un élément central de la vie du village.
Tout commence au XIIIe siècle, lorsqu’une simple « maison forte » s’élève sur le territoire. En 1282, Ferri de Frolois, écuyer bourguignon, devient seigneur de Ludres après avoir acquis le domaine. Selon l’usage, il prend alors le nom de Ferri de Ludres, inscrivant durablement sa lignée dans l’histoire locale, mais aussi son nom pour la place centrale de la ville. Protégé par des douves alimentées par le ruisseau venant du secteur du Coulomheu, le château s’organise alors autour d’une vaste cour capable d’accueillir les habitants et leur bétail en cas de danger. Tours d’angle, pont-levis, murs épais : tout est pensé pour résister aux attaques dans une époque marquée par l’instabilité.
Un refuge au cœur des conflits
Au fil des siècles, le château devient un véritable lieu stratégique. En 1587, en pleine guerre de religion, le duc de Guise y installe son état-major plusieurs jours, avant de poursuivre sa route vers Toul. Quelques décennies plus tard, en 1635, Ludres est frappée par les violences de la guerre de Trente Ans. Des soldats suédois pillent la région. Les habitants trouvent alors refuge dans le château, essuyant les tirs avant de voir les assaillants se retirer. Ces épisodes marquent durablement la mémoire collective et témoignent du rôle protecteur de la forteresse.
Du château à la ferme
Reconstruit en partie au début du XVIIe siècle sous Henri de Ludres, le château évolue mais perd peu à peu de son importance. Délaissé par ses successeurs au profit d’autres châteaux comme celui de Richardménil puis de Frolois, il tombe progressivement en ruine. À la Révolution, il est presque totalement détruit. Seuls subsistent alors la terrasse, le hangar, les caves et tourelles ainsi que les fossés, vendus comme biens nationaux. Aujourd’hui, les vestiges de la « ferme Choné » témoignent de ce riche passé. Malgré les destructions subies au fil du temps, l’empreinte du château et du Moyen Âge demeure bien présente au cœur de Ludres, même si le site est désormais devenu un lieu d’habitation privé.
Pourquoi « 1628 » est-il inscrit sur le grand porche ?
Sur le porche permettant d’accéder à l’intérieur de l’enceinte figure une plaque où est inscrite la date « 1628 ». Il s’agit de l’année à laquelle les grands travaux entrepris par Henri 1er de Ludres pour transformer le château médiéval en château d’agrément ont été achevés. En hommage à la fin de ces travaux, la date a été gravée sur une des portes charretières.
D’après l’ouvrage « Ludres, des origines à nos jours », de Jean-Paul Lagadec et Jean-Pierre Hopp.








