Les lavoirs, à la source des liens sociaux

Répondant aux besoins hygiénistes et remplissant une importante fonction sociale, les lavoirs et fontaines se sont imposés, au fil du temps, comme des équipements publics au même titre que les écoles. En partenariat avec le Cercle d’Études Locales, nous vous proposons d’en apprendre plus sur ceux de Ludres, situés sur la Place Ferri et rue du Mont.

Bien que ce soit la loi du 3 février 1851 qui accorde un crédit spécial pour subventionner la construction de lavoirs partout en France, à Ludres la Place est équipée, avant la Révolution, d’une fontaine provenant du château afin de faciliter le travail des fermiers. En effet, lors de la séance d’août 1826, le Conseil Municipal d’alors accepte la donation du comte de Ludre qui cède la moitié de sa fontaine à la commune en échange de la prise en charge, par moitié, des réparations.

L’eau, une préoccupation quotidienne
En 1844, des travaux s’imposent afin d’augmenter le débit ayant considérablement réduit. C’est ainsi que les conduits en ciment sont remplacés par des tuyaux de fonte comptant 8 centimètres de diamètre. Simultanément, le lavoir de la Place se voit équipé d’un rectangle de maçonnerie afin de soutenir un toit en tuiles tandis qu’un abri est édifié au lavoir de la rue du Mont pour répondre à la demande de la population et abriter les lavandières.

Des réseaux au confort actuel
Dès 1884, plusieurs sondages sont effectués pour rechercher de nouvelles sources. En effet, la démographie ayant augmenté, les fontaines existantes ne sont plus suffisantes pour satisfaire les plus de 1 000 habitants que compte Ludres, majoritairement agriculteurs et ouvriers dans les mines de fer. Plusieurs bornes-fontaines, dont il reste aujourd’hui peu de vestiges, sont édifiées rue de Secours, rue de l’Atre, Grande rue, rue du Mont et au sein des deux écoles publiques dans les années 1920, pour un investissement de 98 000 francs. Ces dernières seront supprimées au sortir de la 2nde Guerre mondiale dans le cadre de travaux d’amélioration du réseau d’eau conduisant au raccordement des habitations moyennant une redevance annuelle de 1 500 francs.
L’installation et l’extension du réseau d’eau dans l’ensemble de la ville entraîna un changement considérable des modes de vie et un confort indéniable avec l’arrivée dans les foyers du lave-linge, de toilettes intérieures avec chasse d’eau, de salle de bains et de robinet offrant de l’eau potable.

Le café des bavardes
La loi du 3 février 1851, votée par le Parlement français, accorde un crédit afin de subventionner la construction de lavoirs publics pour que les laveuses puissent y trouver une distribution « commode » d’eau mais aussi pour constituer des points d’approvisionnement. Le tout dans le but d’éviter de nouvelles épidémies de choléra, de variole ou encore de typhoïde. C’est ainsi que les lavoirs, interdits aux hommes, deviennent des lieux où les femmes se retrouvent pour laver leur linge mais aussi discuter, échanger des confidences et entretenir des commérages. Nettoyer son linge était très physique et en 1872, le maire Baron de Landre arrête qu’il est interdit de troubler le repos public en battant le linge avant 4h du matin en été et 6h en hiver.