Ancrée sur la ligne de chemin de fer Nancy-Vézelise inaugurée le 27 octobre 1872, la halte de Ludres a favorisé, au fil des années, le déplacement des Ludréennes et Ludréens ainsi que le développement économique de la commune, en expédiant des trains entiers de « minette » vers Jarville, Neuves-Maisons et Pompey.
Actée par le Préfet en 1867, la création de la ligne de chemin de fer Nancy-Vézelise a vu ses travaux commencer en 1869 avant d’être mise en service en 1872. L’objectif initial : désenclaver la population, majoritairement agricole, du canton de Vézelise. Néanmoins, de nombreux acteurs économiques et publics se sont engagés dans le projet. Ce fut le cas des sociétés d’exploitation du minerai de fer, situées entre Vandœuvre et Pont-Saint-Vincent, ayant la possibilité de se raccorder à la voie principale, ou encore de la brasserie de Tantonville, ce qui lui permet de devenir alors la première brasserie d’Europe.

Des communes impliquées
Les 12 villes où étaient prévus des arrêts ou des haltes ont été invitées à donner leur avis, à céder des terrains et à participer financièrement à ce projet. Le 24 mars 1867, le Conseil municipal de Ludres délibérait en ce sens en approuvant le versement de 4 600 francs. Les travaux, débutés en 1869, s’avéraient considérables à Ludres avec la construction de deux ponts et d’un remblai de 600 m de longueur entre la halte et le Chemin du Bon Curé. Après une suspension du chantier en août 1870, en raison de l’arrivée de troupes allemandes, la voie ferrée fut inaugurée le dimanche 27 octobre 1872. Un train se rendait à Vézelise depuis Nancy en s’arrêtant successivement à chaque halte où la population était présente en nombre. Un déjeuner, donné à Tantonville, rassembla l’évêque, le Préfet, le directeur d’exploitation des chemins de fer de l’Est et d’autres grands élus et industriels dans une ambiance où régnaient satisfaction et prospérité.
Des aménagements successifs
En 1874, un rapport de l’ingénieur des Ponts et Chaussées indiquait la nécessité d’établir une station à Ludres, avec la construction de bâtiments pour abriter les marchandises, tandis que le Conseil municipal réclamait une barrière au passage à niveau du Bon Curé pour sécuriser le transit, accidentogène à cet endroit. Par la suite, en 1880, des terrains situés à Saint-Blaine ont servi à créer un « port à sec » (actuel quai militaire) qui fut aménagé en 1881 lors du doublement des voies. Enfin, 58 ans après la mise en service de la ligne, en 1930, des barrières « à régime ouvert » ont été installées chemin du Bon Curé. La gare sera détruite le 26 août 1944 lors de l’explosion d’un train de munitions allemand et reconstruite seulement 20 ans plus tard avec un nouveau bâtiment permettant à Ludres de s’imposer comme la gare d’arrivée des automobiles neuves en provenance des usines Renault, Citroën, Simca… Le déclin industriel et la mise en place d’une ligne de bus vont entraîner la fermeture de la gare en 1991. C’est à ce moment-là que la Ville racheta l’édifice pour y installer les activités de l’École de musique. Abritant désormais un organisme de formation, la station ludréenne a retrouvé sa condition de halte avec 19 allers-retours quotidiens sur la ligne Nancy – Pont-Saint-Vincent. La réouverture prochaine de la ligne Nancy-Contrexéville et la conversion du lieu en Pôle d’Échanges Multimodal apportera inévitablement un nouveau souffle à ce lieu emblématique de la commune.








