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Fiche 8 : le lavoir, lieu de rencontre des habitants

Les fontaines ont été transformées en lavoirs au milieu du XIXe siècle.

En 1844, des travaux sont décidés pour les fontaines de la Place et du Mont. En effet, à la suite de la construction d’une maison dans le terrain au-dessus de la fontaine du Mont, celle-ci a vu son débit se réduire considérablement et il convient de trouver les fuites et de les réparer.

Quant au chenal en ciment qui amène, depuis le haut du village, les eaux à la fontaine des Marronniers, il est très ancien et percé en plusieurs endroits. En outre, par période de pluie, ce chenal est insuffisant pour donner passage à toutes les eaux.

Monsieur Vincent, architecte à Nancy, est chargé de dresser les plans et devis pour ces travaux aux fontaines. Il propose de remplacer le conduit en ciment, qui amène l’eau jusqu’aux bassins construits sous la place, par des tuyaux de fonte de 8 cm de diamètre (ce qui est suffisant pour contenir toutes les eaux en toutes saisons).

La file de tuyaux aura une longueur de 535 mètres dont 231 mètres chez les particuliers. La tranchée nécessaire aura une profondeur de 0,60 mètre à 1,50 mètre et une largeur de 1 mètre à 1,30 mètre aux six regards. Le lavoir de la Place sera entouré d’un rectangle de maçonnerie destiné à soutenir un toit de tuiles.

Enfin, on profitera des travaux pour construire un abri au lavoir du Mont : le mur de soutènement sera augmenté de 1,50 mètre sur une longueur de 6 mètres et il sera établi sur ce mur un appenti couvert de tuiles creuses pour mettre les lessiveuses à l’abri selon le vœu de la population.

NB : le comte de Ludres est tenu de financer pour moitié les dépenses pour la fontaine.

Source : « Ludres, des origines à nos jours », opus cité.

 

 

 

Fiche 5 : l’ancien château des comtes de Ludres

Symbole de la puissance seigneuriale, la château a aussi protégé la population et accueilli des chefs de guerre.

En 1282, Ferri de Frolois, écuyer bourguignon, épouse Cécile d’Amance, veuve du chevalier Perron, seigneur de Ludres. Le couple rachète alors à Jean de Bures, héritier de Perron, une maison forte, un moulin, des prés, des champs, des vignes et les serfs attachés à cette terre.

Ferri de Frolois, devenant ainsi seigneur de Ludres, portera désormais, selon l’usage de l’époque, le nom de sa seigneurie et se nommera Ferri de Ludres.

La maison forte occupe le côté ouest d’une plate-forme entourée de profonds fossés. Une grande cour permet d’accueillir les villageois et leur bétail pendant les périodes troublées qui sont nombreuses à l’époque. Des tours d’angle et un pont-levis assurent la défense de l’ensemble. Le ruisseau qui traverse le village a rempli les fossés de plusieurs mètres d’eau qui constituent une sécurité en cas d’attaque.

En 1587, pendant les guerres de religion, une armée catholique commandée par le duc de Lorraine et le duc de Guise, et une armée protestante forte de 25 000 hommes commandée par le duc de Bouillon, se livrent des combats d’escarmouche autour du confluent de la Moselle et du Madon. Du 8 au 12 septembre, le duc de Guise et son état-major occupent le château de Ludres avant de partir pour Toul.

En octobre 1635, pendant la guerre de Trente Ans, une bande de maraudeurs suédois de l’armée de Saxe-Weimar vient mettre Ludres à sac. Plusieurs ludréens, tirés par les soldats, décédèrent de mort violente. Réfugiés dans le château où ils essuient des coups de mousquets des pillards, nos ancêtres virent avec soulagement les suédois se retirer et aller participer au pillage de Saint-Nicolas-de-Port.

Sources : « Ludres des origines à nos jours », Jean-Paul Lagadec, opus cité.

 

 

 

Fiche 4 : des routes du Ier siècle adaptées à un trafic important

Les routes gallo-romaines ont souvent réutilisé les pistes gauloises. Des chars de divers modèles y transportaient voyageurs et marchandises.

Le transport par roulage existait déjà à l’âge du bronze, il y a près de 4 000 ans. Des chars à quatre roues ont été découverts dans les nécropoles de tumulus de Diarville et de Marainville-sur-Madon datées des VIe -Ve avant J.C.

Le char 1 de Diarville était constitué d’une caisse en planches de chêne munie de ridelles, d’une longueur de 1,59 mètre pour une largeur de 0,70 mètre. Cette caisse était montée sur quatre roues à moyeu, en bois de frêne, d’un diamètre de 78 cm. Les roues à huit rayons étaient renforcées d’un bandage de fer. La caisse était également renforcée de plaques et de fiches en fer.

Les historiens pensent que les voies romaines ont réutilisé le réseau de communication gaulois.

La construction des routes romaines était réglée par une suite de travaux bien précis. Le tracé de l’emprise de l’ouvrage était suivi de son décapage et du nivellement. Un hérisson de pierres posées de chant constituait l’assise de la chaussée. Ces pierres étaient recouvertes de graviers très fortement tassés et formant béton. L’ensemble était régulièrement rechargé en calcaire local concassé. Une couverture en dalles de pierre était exceptionnelle et ne se pratiquait que dans des passages particulièrement difficiles.

La largeur de la route découverte à Ludres est de 8 mètres (les chaussées actuelles ne font que 5,50 mètres). Elle témoigne de l’importance du trafic qu’elle générait. Elle reliait vraisemblablement les ateliers de potiers de la Madeleine, à Laneuveville-devant-Nancy, à la capitale des Leuques à Toul par le plateau de Haye. Elle rejoignait là l’important réseau routier découvert par l’opération Lidar de 2007 qui donnait accès à une centaine d’établissements gallo-romains, à des routes allant vers Sion, au franchissement de la Moselle à Gondreville et à la grande voie impériale de Lyon à Trèves passant à Soulosse-Sous-Saint-Elophe, Toul, Dieulouard notamment.

Les chars à deux roues transportant des voyageurs, des chariots à quatre roues, transportant dans des coffres ou des corbeilles en osier toutes sortes de marchandises allant des amphores à la vaisselle, passaient alors à Ludres, tirés par des chevaux ou des bœufs.

Sources :
- Le laser révèle un parcellaire antique, associé à de l’habitat, dans le massif forestier de Haye, Murielle Georges-Leroy, Pays lorrain, Mars 2014.
- Princesses celtes en Lorraine, Laurent Olivier, Musée de l’Histoire du Fer, 2002.

 

 

 

Fiche 6 : l’hospice de Ludres

Nous sommes en 1830. Charles X puis Louis Philippe sont rois de France. La population s’élève à 32 millions d’individus dont 20 millions cultivent la terre. Ludres compte alors environ 400 habitants. Les conditions d’existence sont difficiles et l’espérance de vie est de 33 ans. Touché par la misère de certains habitants, le marquis Gabriel Florent François de Ludres et son épouse Louise de Custines souhaitent céder l'un de leurs biens à la Congrégation des Dames Hospitalières de Saint-Charles pour que les Sœurs y fondent un Hospice.

Lors de la fondation en1834, l’hospice fût doté, d’un jardin, d’un verger et d’une vigne situé derrière les habitations de 1ha9 et d’un autre jardin-verger de 1ha33.

En 1836, Monsieur le Marquis de Ludres fait une nouvelle dotation de 2ha 83 de terres et 1ha 23 de prés
Une exploitation agricole est créé afin de procurer les ressources nécessaires (légumes, fruits, viandes..) au bon fonctionnement de l’hospice et à  la fin du XIXème siècle un atelier de distillation fonction.
Les bâtiments agricoles comprennent le long du chemin du bon cure une étable, une porcherie, hangars…) ainsi que du matériel agricole deux  tracteurs (Massey Fergusson de 135 cv et  Deutz de 18 cv), presse, botteleuse, charrue, machine à traire….et de 26 bêtes (vaches, génisses…)

En 1953, les fruits et légumes sont mis en bocaux par le personnel et les pensionnaires 2500kg de patates, 3700kg de choux, 1355kg de carottes, 1100kg d’haricots…1950 litres de lait, 348kg de beurre et 573 douzaine d’œufs. Les, fruits, mirabelles quetsches, pommes pour 11860 kg. La viande, mouton veau porc pour 2200 kg, les céréales, blé, avoine orge pour 2300 kg, le fourrage, foin, luzerne pour 50 tonnes.

En 1960, elle emploie 5 personnes, et possède une quinzaine d’hectares sur plusieurs communes et loue une dizaine d’ha d’herbage

En 1973, elle exploite 43ha70 dont 29 sont la propriété de la congrégation de Saint Charles.
La ferme cessa son exploitation le 30 novembre 1978 et la liquidation du train de culture le 12 octobre 1978 par vente aux enchères.

Sources : « Ludres, des origines à nos jours » Jean Paul Lagadec.
« L’hospice de Ludres » Jean Louis Remy dans le numéro 4 de la revue publiée par le Cercle d’Etudes Locales et la MJC.

 

 

 

Fiche 3 : La place prépondérante du blé

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Meule à gains en rhyolite - Puits gallo-romain à Ceintrey

Photo : JP LAGADEC

 

Silos et greniers permettaient de conserver le blé préalablement grillé dans des fosses. Les meules, plates, puis rotatives, importées, produisaient la farine.

Une meule plate rectangulaire en grès dur, provenant de Ludres, est exposée dans la salle consacrée à l’époque néolithique (ou pierre polie) du musée de Toul. Découverte par André Janot dans les années 80, elle montre que vers 5 000 ans avant J.C., nos ancêtres produisaient de la farine et cultivaient le blé.

A l’époque gauloise, la conservation des céréales s’effectue en silo, en grenier ou en jarre.

Le stockage enterré consiste en des excavations creusées en pleine terre, en forme de bouteilles pouvant atteindre 3 mètres de profondeur. Il permet de conserver intact le grain pendant plusieurs années en le mettant à l’abri de l’air, de l’humidité, des insectes et des moisissures.

La fouille de la ZAC de Gondreville en 1996-1997 a permis la découverte d’une aire de stockage de céréales s’étendant sur 4500 m² et regroupant 131 silos. Le plus petit de ces silos a une contenance d’environ 400 litres, le plus grand en contient environ 6000. L’ensemble des 131 silos a pu stocker, au Ve siècle avant J.C. une quantité de grain estimée à 136 tonnes.

Le stockage aérien consiste en petits greniers surélevés sur des poteaux en bois, de plan carré ou rectangulaire. Accessible à tout moment, le grain doit être remué régulièrement pour éviter les moisissures et l’échauffement.

Le stockage en jarre s’effectue dans des poteries de gros volumes souvent installées dans des excavations. Elles peuvent accueillir aussi bien le grain que la farine.

Les meules utilisées pour fabriquer la farine complète sont des meules rectangulaires dites à va-et-vient. Le grain y est écrasé à l’aide d’une molette. A partir du milieu du IIe siècle avant J.C. apparaissent des meules circulaires rotatives. Du Ve siècle avant J.C. à la conquête romaine, les meules sont fabriquées dans les carrières de La Salle, près de Saint-Dié-des-Vosges dans une roche volcanique : la rhyolite. A l’époque gallo-romaine, leur origine se diversifie, avec une prépondérance des instruments en basalte façonnés dans le massif de l’Eifel (Allemagne, Rhénanie-Palatinat).

Sources :
- « Etre agriculteur il y a 3 000 ans », 2008, La gazette lorraine.
- « Les meules en rhyolite des Fossottes à La Salle (Vosges) », Jean-Paul Lagadec, 2007, Mémoire des Vosges, Société Philomatique Vosgienne.

 

 



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